Consultez librement les fiches techniques descriptives, l'état sanitaire et les protocoles conservatoires appliqués à chaque pièce du trésor communal de Rouvres.
L'Association pour la Sauvegarde et la Restauration de l'Église de Rouvres s'attache à recenser méthodiquement l'ensemble des éléments mobiliers, lapidaires, verriers et archivistiques subsistant dans l'église Saint-Martin et la chapelle Sainte-Geneviève. Ce travail rigoureux est mené en étroite harmonie avec la Conservation Départementale des Antiquités et Objets d'Art d'Eure-et-Loir.
L'accès à ce fonds est intégralement gratuit et universel. Nous considérons que la meilleure garantie contre les dégradations, les vols et les pertes de mémoire collective réside dans la documentation exhaustive et la diffusion publique de notre patrimoine.
« L'ensemble des cotisations et adhésions est intégralement réinvesti dans les missions d'intérêt général de l'association. »
Ce tableau synthétise les données d'identification matérielle, la localisation et le statut de protection de nos dix principaux objets patrimoniaux.
| Réf. | Désignation de l'Objet | Époque Estimée | Matériaux & Dimensions | Emplacement | État Sanitaire & Action |
|---|---|---|---|---|---|
| OBJ-01 | Statue Saint-Martin à cheval partageant son manteau | Début XVIe siècle | Chêne polychrome sculpté (H. 115 cm) | Nef, pilier nord-est | Bon état général • Dépoussiérage doux régulier |
| OBJ-02 | Fonts baptismaux à cuve octogonale | XIIIe siècle | Calcaire dur monolithe & couvercle cuivre | Bas-côté sud, angle d'entrée | Stable • Surveillance des efflorescences salines |
| OBJ-03 | Verrière de la Déploration du Christ | Vers 1540 | Verre soufflé peint à la grisaille & plomb | Chœur, baie d'axe | Fragile • Consolidation des barlotières requise |
| OBJ-04 | Stalles de chœur et lambris d'appui | Époque Louis XIV (v. 1690) | Chêne massif ciré | Pourtour du chœur | Sain • Traitement préventif anti-vrillettes |
| OBJ-05 | Chaire à prêcher et son abat-voix | XVIIIe siècle | Bois de chêne et noyer sculpté | Côté méridional de la nef | Bon • Fixation au pilier vérifiée annuellement |
| OBJ-06 | Dalle funéraire de Messire de Rouvres | 1612 | Pierre calcaire de liais gravée d'armoiries | Sol de la nef centrale | Gravure usée • Protection par balisage piétonnier |
| OBJ-07 | Tableau de la Nativité | XVIIe siècle | Huile sur toile avec cadre d'époque | Transept nord | Vernis jauni • Étude de décrassage en cours |
| OBJ-08 | Cloche historique en bronze « Marie-Marthe » | Fondue en 1748 | Bronze d'airain (Diam. 92 cm, poids 480 kg) | Chambre des cloches du clocher | Excellente sonorité • Graissage du mouton |
| OBJ-09 | Statue Sainte-Geneviève et son troupeau | XVIIe siècle | Pierre calcaire avec traces de badigeon | Chapelle Sainte-Geneviève | Nettoyée • Stabilisation hygrométrique |
| OBJ-10 | Registres manuscrits de fabrique paroissiale | 1720 - 1792 | Papier vergé relié plein cuir veau | Coffre d'archives sécurisé | Restauré • Numérisation haute définition achevée |
Analyse détaillée de trois chefs-d'œuvre illustrant la virtuosité des artisans et la mémoire vivante de notre commune.
Cette sculpture sur bois de chêne représente le cavalier romain Martin coupant sa chlamyde militaire avec son glaive pour en vêtir un mendiant grelottant à la porte d'Amiens. L'analyse dendrochronologique confirme un abattage du bois vers 1505-1510. Les pigments d'origine, révélés par des microsondages sous lumière ultraviolette, mêlent le cinabre pour le manteau et des feuilles d'or appliquées sur bol d'Arménie pour les harnachements de la monture.
L'œuvre a miraculeusement échappé aux destructions iconoclastes des guerres de Religion en étant dissimulée par les villageois dans un coffre à grains de l'ancienne grange dîmière. Elle a réintégré la nef lors des cérémonies de la Saint-Martin de 1604, demeurant depuis le symbole le plus éclatant de la charité paroissiale de Rouvres.
Située dans la baie axiale du chœur, cette verrière de grand format offre un témoignage saisissant de l'école de peinture sur verre de la région chartraine au milieu du seizième siècle. Le dessin puissant des anatomies et le rendu dramatique des drapés trahissent l'influence des gravures de la Renaissance flamande circulant alors dans les ateliers des maîtres verriers beaucerons.
Les plombs d'assemblage, fragilisés par des décennies d'oxydation et de vibrations dues aux vents d'ouest, nécessitent une consolidation d'urgence de la structure en fer doux (barlotières et vergettes). Notre association finance bénévolement les études de faisabilité pour la mise en place d'un calfeutrement isotherme extérieur protecteur.
Unique rescapée des réquisitions révolutionnaires de l'an II qui virent la fonte des deux autres cloches du beffroi pour fabriquer des canons de la République, « Marie-Marthe » a été fondue in situ en 1748 par un saintier itinérant lorrain. Son inscription en caractères romains précise le nom de son parrain, haut seigneur de la châtellenie de Rouvres, et de sa marraine, dame de charité de la paroisse.
Elle émet un Sol dièse d'une remarquable pureté acoustique dont l'onde sonore se propageait jadis jusqu'aux fermes les plus reculées de la plaine. Nos bénévoles assurent le graissage biannuel de ses paliers en bronze et veillent à l'équilibrage de son battant forgé à la main.
Chaque fiche d'inventaire fait l'objet d'une révision triennale par les membres de notre commission de recherche. Nous examinons systématiquement :
Un volet paléographique spécifique est consacré aux registres manuscrits de fabrique et aux parchemins de confrérie. Chaque document fait l'objet d'une transcription littérale ligne à ligne, accompagnée d'un apparat critique précisant les évolutions toponymiques du village de Rouvres, les prix des denrées céréalières sous l'Ancien Régime et les noms des maîtres maçons ayant œuvré aux restaurations successives depuis le règne de Louis XIII.
Sur le plan numérique, toutes les prises de vue d'archives sont archivées au format TIFF non compressé avec étalonnage colorimétrique sur mire certifiée, puis dupliquées sur des disques sécurisés physiquement distants afin d'immuniser ce trésor mémoriel contre tout risque d'incendie, d'inondation ou de défaillance informatique locale.
Les chercheurs universitaires, historiens amateurs et étudiants peuvent demander une consultation sur place des registres originaux et des dossiers photographiques haute résolution sous la supervision d'un membre de notre secrétariat.
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